3 décembre : dans le cadre de la journée Futurs Composés : La création musicale tout un programme !,
autour de 21h, Salle Favart, Opéra Comique
En diptyque :Non (pour percussions et sons fixés) et Chant Intime (nouvelle version pour saxophone)
Projet proposé par Onoma éditions musicales et l’empreinte digitale, l’Ensemble Orchestral Contemporain, le CIMN, Festival Les Détours de Babel
Claudio Bettinelli : percussions / Joël Versavaud : saxophone
Présentation :
NON, écrite en hommage au journaliste libanais Samir Kassir, assassiné le 2 juin 2005, a été créée par la danseuse Yalda Younes à l’occasion du premier anniversaire de la mort de l’intellectuel libanais.
Dès l’origine le matériau utilisé (la mémoire, la guerre, la peur, la fascination..) devait suivre une double inflexion. Sous les pas de la danse flamenca rugissent les sons des mitraillettes, des explosions, dans une lutte et un rituel quasiment tauromachique : c’est la version contrastée, à la fois intériorisée et extravertie. La pièce a ensuite été adaptée par le compositeur pour le percussionniste Claudio Bettinelli. La version pour percussions présente l’homme tel un automate possédé par la mort . Il a inventé des artifices, construit une machine de guerre pour rivaliser avec la violence subie. La lutte le fatiguera, l’humanisera, jusqu’au mutisme.
CHANT INTIME pour saxophone seul
Ce chant fait partie d’une série pour instruments seuls. Chaque pièce du cycle est une pensée, un sentiment, un affect, une émotion qui jaillit, fulgurante, ou s’étire dans une lenteur rêveuse. Ici, c’est une sorte de cri de douleur. A la manière des chanteurs de flamenco qui chantent une saeta lors des processions de la Semaine Sainte. Sur une estrade en bois, le saxophoniste tape du pied lentement, créant un rythme entêtant comme les tambours funèbres. Un chant se lève, le chant pour un disparu. Source de la puissance de ce lamento, l’extrême force du sentiment que la musique essaie d’approcher au plus près.
Les deux pièces forment un diptyque, reliées par un indice formel (entre autres les sources flamenca et les danses populaires libanaises) mais plus profondément par les thèmes de la douleur, de la solitude de l’être, sa confrontation à la mort. Pourtant l’art opère ici une transfiguration.